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Synthèse générale de la crise
Crise des sub-primes et les mécanismes de la crise
Transmission de la crise par la titrisation

Transmission de la crise par la titrisation :

Les défaillances ont entraîné des réactions en chaîne sur les marchés. La première courroie de transmission de la crise réside dans le phénomène de la titrisation des créances qui est devenue un phénomène courant depuis le début des années 2000: les véhicules de titrisation.

La titrisation, qui est une technique financière sophistiquée, est une autre des innovations financières majeures du capitalisme d’après guerre, consiste à découper en tranches, dites obligations, les prêts accordés par une banque ou une société de crédits, puis à en revendre le montant, c’est-à-dire le risque, à d’autres agents financiers appartenant au monde des fonds de placement. Il se crée ainsi un vaste marché du crédit, qui est aussi un marché du risque. C’est l’effondrement de ce marché qui a provoqué la crise actuelle. Donc, la titrisation est l'opération financière, méconnue de l'emprunteur, par laquelle une banque revend ses « créances » sur des marchés spécialisés, souvent groupées avec d'autres valeurs. Autrement dit, la titrisation consiste à transférer des « actifs » ou les « risques de crédit » y afférents sous une forme structurée à des investisseurs tiers. Ce qui lui permet à la fois de se refinancer et de réduire son risque (qui est reporté sur les investisseurs qui achètent ces créances).

Les crédits titrisés sont rachetés par des investisseurs (fonds d'investissements classiques, fonds plus spéculatifs, etc.). Elle donne lieu à une émission de titres sur les marchés de capitaux, adossés aux actifs sous-jacents (crédits hypothécaires, par exemple) et regroupés par « tranches ». Certaines de ces tranches incluaient des crédits menacés par des défaillances ou défauts de paiement de ménages. Les investisseurs se sont alors retirés de ces produits qu'ils considéraient comme trop risqués.

Par conséquence, certains fonds n'ont plus pu être cotés. L'absence de demande pour certains titres contenus dans ces fonds a en effet empêché de calculer la valeur liquidative de ceux-ci - la valeur liquidative résultant de la confrontation de l'offre et de la demande.
Le marché de « sub prime » a été massivement financé par la titrisation, les créances étant regroupées dans des véhicules de financement « ad hoc » et transformées en titres négociables souscrits par des investisseurs. Alors, la titrisation a permis aux grands acteurs de la sphère du crédit de se décharger, en les rendant liquides, des risques d’insolvabilité de leurs emprunteurs.

A partir du début 2007, la crise des crédits « sub primes » a créé le doute sur l'ensemble des véhicules de titrisation de créances, en premier lieu les créances hypothécaires portant spécifiquement sur l'immobilier d'habitation américain (Residential Mortgage Backed Security, ou RMBS), mais aussi l’ensemble de créances diversifiées appelés CDO (Collateralised Debt Obligation). Ce sont en fait toutes les formes de véhicules de titrisation de crédit (ABS, RMBS, CDO et leurs variantes) qui sont devenus suspectes, aux yeux des investisseurs, au début et surtout durant l'été 2007, de peur qu'ils ne portent des créances à risque en général et particulièrement les «sub primes ».

Les opérateurs ont des comportements souvent suivistes et l'information circule, souvent, très vite sur les marchés. La défiance vis-à-vis des produits de titrisation s'est propagée à d'autres segments de marché, notamment celui des « Commercial Paper » (titres de créances négociables émis par les entreprises sur le marché monétaire donc de court terme), qui représentent d'énormes montants. Les investisseurs n'ayant plus confiance dans ces actifs, ils s'en sont retirés - pour se reporter sur des instruments qu'ils jugeaient plus sûrs. Par conséquence, cette chute de la demande a entraîné un assèchement de la liquidité sur les marchés.

En deuxième lieu de transmission de la crise se fait par les fonds d'investissement qui ont eux-mêmes acheté les créances titrisées. Les crédits « sub prime », offrant des rendements élevés dus au paiement par l'emprunteur d'un taux d'intérêt plus élevé que pour le marché prime, les investisseurs ont exercé une forte demande de ce type de produits afin de doper les performances de leurs fonds d'investissement ou OPCVM.

Ces fonds se sont transformés en difficulté du fait de la chute de la valeur de leurs actifs. L'effondrement de la valeur de deux fonds d'investissement de la banque américaine « Bear Stearns », le 17 juillet 2007, a donné le signal de la crise de confiance. L'annonce, intervenue le soir même d'une séance record à la New York Stock Exchange (14.000 points atteints en séance), donnera le signal de la baisse. Ce sont désormais tous les fonds d'investissement qui vont à leur tour devenir suspects.

Certains fonds avaient cependant, dès l’an 2006, envisagé qu'une crise immobilière se préparait et avaient pris des positions inverses à tout le monde en spéculant sur l'effondrement des produits financiers adossés aux crédits immobiliers à risque.

Enfin, ces fonds d'investissement appartiennent ou sont financés par les banques (hedge funds), financement par effet de levier, c'est-à-dire avec peu de capitaux et beaucoup d'emprunts. Les banques reprennent donc par ce biais les risques qu'elles avaient dans un premier temps confiés aux marchés. La communauté financière s'est alors rendu compte, vers Juillet 2007, que l'ensemble du système bancaire supportait des risques de crédits, non seulement dans les fonds que les banques finançaient, mais aussi dans les fonds qu'elles géraient. Ainsi, des créances titrisées à haut rendement (et donc à haut risque selon le MEDAF) étaient elles-mêmes présentes dans certaines SICAV monétaires, placements jusque-là jugés sans risque, les « SICAV monétaires dynamiques ». D'où une brutale chute de valorisation des sicav monétaires dynamiques dans les premiers jours d'Août 2007.

 

   
         
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