Une
banque est en position courte lorsqu’elle détient
moins d’actifs à taux fixe que passifs à taux
fixe. Cette situation est :
>> Favorable en cas de hausse des taux d’intérêt
>> Défavorable en cas de baisse des taux d’intérêt
Une
banque est en position longue lorsqu’elle détient
plus d’actifs à taux fixe que de passifs à
taux fixe. Cette situation est :
>> Favorable en cas de baisse des taux d’intérêt
>> Défavorable en cas de hausse des taux d’intérêt
Les
variations de taux se traduisent immédiatement par la modification
de la valeur de la créance ou de la dette à taux
fixe. Si la créance est négociable sur un marché,
son cours reflète la variation de taux et la relation cours-taux
est inverse. Le gain ou la perte apparaît donc à
chaque évaluation patrimoniale. Si la créance ou
la dette n’est pas négociable, le gain ou la perte
se répercute sur le résultat de la banque jusqu'à
l’échéance :
>> En s’imputant sur le résultat
>> En termes de coût d’opportunité (manque
à gagner ou rente de situation selon les nouvelles conditions
du marché).
B-
Mesure du risque de taux
La
mesure du risque de taux présente des similitudes avec
celle du risque d’illiquidité. L’établissement
d’un profil d’échéances permet de calculer
ensuite un indice de risque de taux.
Les mesures du risque de taux utilisées sur les marchés
financiers sont calculées sur des montants nominaux. Il
s'agit généralement de la pvbp, abréviation
de l'anglais price variation per basis point, c'est-à-dire
la variation de prix résultant d'un mouvement d'un point
de base (0,01% de taux actuariel).
La mesure utilisée par les gestionnaires de fonds et par
les particuliers est la sensibilité, qui est une élasticité,
c'est-à-dire calculée en pourcentage de la valeur
actualisée totale de l'actif.
1)
Le profil d’échéances
Le
profil d’échéances est un tableau qui classe
les actifs et les passifs selon la date à laquelle leur
taux d’intérêt est modifié. Cet échéancier
est différent de celui permettant la mesure du risque d’illiquidité
car pour les actifs et passifs à taux variable, date d’échéance
et date de modification des taux d’intérêt
ne coïncident pas. Toutefois, ce tableau présente
de nombreuses ressemblances avec le profil de liquidité
:
•
Il y a autant de classes d’échéances qu’il
y a de dates de révision des taux.
• Les classes d’échéances sont plus
ou moins fines, selon que le terme des échéances
est plus ou moins rapproché.
• Les actifs et passifs sont évalués en tenant
compte des engagements hors bilan.
• Le actifs et passifs sans stipulation de taux (dépôts
à vue, encaisse liquide, capital…) sont en général
exclus du profil d’échéances, puisqu’ils
ne sont pas assujettis au risque de taux.
•
Le profil d’échéances de taux doit être
à jour régulièrement.
2)
Le calcul d’un indice de risque de taux
Deux
méthodes de calcul d’un indice de risque de taux
vont être présentées :
a)
Les indices calculés à partir du profil d’échéances
: Le profil d’échéances permet de déterminer
une impasse selon la définition déjà citée.
Pour chaque classe d’échéance, on calcule
une impasse qui met en évidence le défaut de concordance
(mismatching) des échéances, source du risque de
taux. De surcroît, à partir de ce profil, on peut
calculer :
•
Un ratio de sensibilité aux variations de taux : Ce ratio
se calcule ainsi, pour une échéance donnée.
Actifs
sensibles aux variations de taux
RST = ________________________________________________
Passifs sensibles aux variations de taux
Un
RST égal à l’unité indique, pour
l’échéance en question, un parfait adossement
(matching) des actifs et des passifs. Un RST inferieur à
l’unité indique une position courte, donc favorable
en cas de hausse de taux. Un RST supérieur à l’unité
indique, au contraire, une position longue, donc favorable si
le taux diminuent.
•
L’effet d’une variation des taux d’intérêt
(par exemple d’un point) sur le produit net bancaire.
b)
Les indices ayant recours a l’actualisation : une méthode
plus technique d’évaluation du risque de taux utilise
le concept de duration, la duration étant une durée
pondérée par la valeur actuelle des flux engendrés
par un actif ou un passif donné. Plus précisément
:
Somme
des durées pondérées par la valeur
Actuelle de tous les flux
Duration =____________________________________________________________
Somme des valeurs actuelles des tous les flux
Du
fait de son mode de calcul, la duration est une indication de
durée. Elle indique « le laps de temps nécessaire
pour que le prix d’un actif apprécié à
sa valeur actuelle soit récupéré ».
Ainsi, si un crédit a une duration de deux ans trois mois
et douze jours, cela signifie que grâce aux flux d’intérêts
débiteurs et de remboursement de capital, la banque récupérera
son prêt à cette date.
La duration est également un indicateur
de sensibilité, la sensibilité étant la variation
de la valeur d’un actif induite par la variation du taux
d’intérêt.
Appliqué
au calcul du risque de taux d’une banque, le concept de
duration est utilisé selon deux approches. Dans un premier
cas, on calcule la duration de tous les actifs et passifs de la
banque, regroupés par échéances et par devises.
La duration totale de l’actif et du passif est égale
à la moyenne pondérée des durations de chaque
classe d’actifs et de passifs. Trois situations sont alors
possibles, présentées dans le tableau ci-dessous
:
| |
Situation
en cas de |
| Hausse
des taux |
Baisse
des taux |
-Duration
actif > Duration du passif
-Duration actif < Duration du passif
-Duration actif = Duration du passif |
Défavorable
Favorable
Neutre |
Favorable
Défavorable
Neutre |
• La baisse des taux est une situation favorable pour la
banque dont la duration de l’actif est supérieure
à la duration du passif car dans ce cas, l’actif
s’apprécie davantage que le passif. La hausse des
taux est défavorable.
•
La hausse des taux est une situation favorable pour la banque
dont la duration de l’actif est inferieure a la duration
du passif car l’actif se déprécie moins que
le passif, la baisse des taux est par contre défavorable.
•
L’égalité des durations conduit a la neutralisation
du risque de taux puisque les actifs et passifs s’apprécient
ou se déprécient dans les mêmes proportions.
Cette égalité est appelée immunisation.
On peut aussi actualiser les impasses calculées pour les
différentes classes d’échéances et
raisonner en termes d’impasses actualisées. Cette
approche est celle de la Commission bancaire et elle aboutit aux
mêmes conclusions que précédemment.
C-
La gestion du risque de taux
Sans
simplifier à l’excès, on peut dire qu’il
existe deux méthodes de gestion du risque de taux.
1)
La recherche de l’immunisation
La
banque s’assigne comme objectif de réaliser l’égalité
des durations de l’actif et du passif. Pour cela, elle doit
constamment adapter les taux et échéances de ses
actifs et passifs afin de parvenir à l’égalité
des durations, donc à l’immunisation. C’est
ainsi que la banque, qui consent un crédit au taux «
i » et à l’échéance « d
», doit simultanément trouver une ressource a taux
et à échéance identiques. Cette parfaite
égalité des durations n’est pas facile à
obtenir et à conserver car comme le risque de liquidité,
le risque de taux est inhérent à l’activité
bancaire.
2)
La couverture du risque
Puisque
le risque de taux est difficile à neutraliser, la banque
doit s’efforcer de le couvrir.
En
premier lieu, elle doit déterminer le niveau de risque
qui lui paraît acceptable, par exemple en calculant la sensibilité
de ses actifs et passifs à une variation adverse des taux
d’intérêt, puis en comparant ce cout au montant
des fonds propres.
Une
fois le risque de taux évalué, la banque peut alors
se couvrir en ayant recours aux différents instruments
financiers des marchés à terme ou conditionnels
ou aux garanties de taux, et il n’est pas dans l’objet
de cet ouvrage de les exposer.
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