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Le risque de liquidité.    • Le risque de taux.
Le risque de change.    • Le risque de crédit

Le risque de taux

Le risque de taux a déjà été défini comme celui qui, sous l’effet d’une variation adverse des taux d’intérêt, détériore la situation patrimoniale de la banque et pèse sur son équilibre d’exploitation. Apres avoir donné quelques définitions, on examinera la mesure puis la gestion du risque de taux. Le risque de taux d'un actif financier (respectivement passif financier) est la variation du prix ou de la valorisation de cet actif (respectivement passif) résultant d'une variation des taux d'intérêt.
Une banque dont les prêts à long terme à taux fixe sont financés en partie par des ressources à court terme (ou des ressources à taux variable) risque de voir le taux de ses ressources atteindre ou dépasser le taux de ses prêts en cas de hausse des taux du marché monétaire. L'inverse, quoique plus rarement présent dans la pratique, est tout autant risqué, si les ressources sont à taux fixe et les emplois à taux variable, une baisse de ces taux nuit à la rentabilité. Elle peut éventuellement couvrir ce risque par des dérivés financiers, notamment des swaps de taux d'intérêts.

A- Définitions

Le risque de taux trouve son origine dans la détention d’actifs et passifs à taux fixe qui, de plus, diffèrent en matière d’échéances et de conditions de rémunération. Il peut également découler de la détention d’actifs et passifs à taux variable lorsque ceux-ci, soit présentent une certaine viscosité d’adaptation aux nouvelles conditions du marché, soit ont des indexations différentes. Dans les développements qui suivent, le risque de taux est considéré sous l’angle de la détention d’actifs et passifs à taux fixe.

Il est alors nécessaire de déterminer la position d’une banque vis-à-vis du risque de taux, position appelée position de taux.

Actifs Passifs   Actifs Passifs

 

A taux fixe A taux fixe   A taux fixe A taux fixe
   
Position courte
Position longue

Une banque est en position courte lorsqu’elle détient moins d’actifs à taux fixe que passifs à taux fixe. Cette situation est :
>> Favorable en cas de hausse des taux d’intérêt
>> Défavorable en cas de baisse des taux d’intérêt

Une banque est en position longue lorsqu’elle détient plus d’actifs à taux fixe que de passifs à taux fixe. Cette situation est :
>> Favorable en cas de baisse des taux d’intérêt
>> Défavorable en cas de hausse des taux d’intérêt

Les variations de taux se traduisent immédiatement par la modification de la valeur de la créance ou de la dette à taux fixe. Si la créance est négociable sur un marché, son cours reflète la variation de taux et la relation cours-taux est inverse. Le gain ou la perte apparaît donc à chaque évaluation patrimoniale. Si la créance ou la dette n’est pas négociable, le gain ou la perte se répercute sur le résultat de la banque jusqu'à l’échéance :
>> En s’imputant sur le résultat
>> En termes de coût d’opportunité (manque à gagner ou rente de situation selon les nouvelles conditions du marché).

 

B- Mesure du risque de taux

La mesure du risque de taux présente des similitudes avec celle du risque d’illiquidité. L’établissement d’un profil d’échéances permet de calculer ensuite un indice de risque de taux.
Les mesures du risque de taux utilisées sur les marchés financiers sont calculées sur des montants nominaux. Il s'agit généralement de la pvbp, abréviation de l'anglais price variation per basis point, c'est-à-dire la variation de prix résultant d'un mouvement d'un point de base (0,01% de taux actuariel).
La mesure utilisée par les gestionnaires de fonds et par les particuliers est la sensibilité, qui est une élasticité, c'est-à-dire calculée en pourcentage de la valeur actualisée totale de l'actif.

1) Le profil d’échéances

Le profil d’échéances est un tableau qui classe les actifs et les passifs selon la date à laquelle leur taux d’intérêt est modifié. Cet échéancier est différent de celui permettant la mesure du risque d’illiquidité car pour les actifs et passifs à taux variable, date d’échéance et date de modification des taux d’intérêt ne coïncident pas. Toutefois, ce tableau présente de nombreuses ressemblances avec le profil de liquidité :

• Il y a autant de classes d’échéances qu’il y a de dates de révision des taux.
• Les classes d’échéances sont plus ou moins fines, selon que le terme des échéances est plus ou moins rapproché.
• Les actifs et passifs sont évalués en tenant compte des engagements hors bilan.
• Le actifs et passifs sans stipulation de taux (dépôts à vue, encaisse liquide, capital…) sont en général exclus du profil d’échéances, puisqu’ils ne sont pas assujettis au risque de taux.
• Le profil d’échéances de taux doit être à jour régulièrement.

2) Le calcul d’un indice de risque de taux

Deux méthodes de calcul d’un indice de risque de taux vont être présentées :

a) Les indices calculés à partir du profil d’échéances : Le profil d’échéances permet de déterminer une impasse selon la définition déjà citée. Pour chaque classe d’échéance, on calcule une impasse qui met en évidence le défaut de concordance (mismatching) des échéances, source du risque de taux. De surcroît, à partir de ce profil, on peut calculer :

 

• Un ratio de sensibilité aux variations de taux : Ce ratio se calcule ainsi, pour une échéance donnée.

Actifs sensibles aux variations de taux
RST = ________________________________________________
Passifs sensibles aux variations de taux

Un RST égal à l’unité indique, pour l’échéance en question, un parfait adossement (matching) des actifs et des passifs. Un RST inferieur à l’unité indique une position courte, donc favorable en cas de hausse de taux. Un RST supérieur à l’unité indique, au contraire, une position longue, donc favorable si le taux diminuent.

• L’effet d’une variation des taux d’intérêt (par exemple d’un point) sur le produit net bancaire.

b) Les indices ayant recours a l’actualisation : une méthode plus technique d’évaluation du risque de taux utilise le concept de duration, la duration étant une durée pondérée par la valeur actuelle des flux engendrés par un actif ou un passif donné. Plus précisément :

Somme des durées pondérées par la valeur


Actuelle de tous les flux
Duration =____________________________________________________________
Somme des valeurs actuelles des tous les flux

Du fait de son mode de calcul, la duration est une indication de durée. Elle indique « le laps de temps nécessaire pour que le prix d’un actif apprécié à sa valeur actuelle soit récupéré ». Ainsi, si un crédit a une duration de deux ans trois mois et douze jours, cela signifie que grâce aux flux d’intérêts débiteurs et de remboursement de capital, la banque récupérera son prêt à cette date.

La duration est également un indicateur de sensibilité, la sensibilité étant la variation de la valeur d’un actif induite par la variation du taux d’intérêt.

Appliqué au calcul du risque de taux d’une banque, le concept de duration est utilisé selon deux approches. Dans un premier cas, on calcule la duration de tous les actifs et passifs de la banque, regroupés par échéances et par devises. La duration totale de l’actif et du passif est égale à la moyenne pondérée des durations de chaque classe d’actifs et de passifs. Trois situations sont alors possibles, présentées dans le tableau ci-dessous :

 
Situation en cas de
Hausse des taux Baisse des taux
-Duration actif > Duration du passif
-Duration actif < Duration du passif
-Duration actif = Duration du passif
Défavorable
Favorable
Neutre
Favorable
Défavorable
Neutre


• La baisse des taux est une situation favorable pour la banque dont la duration de l’actif est supérieure à la duration du passif car dans ce cas, l’actif s’apprécie davantage que le passif. La hausse des taux est défavorable.

• La hausse des taux est une situation favorable pour la banque dont la duration de l’actif est inferieure a la duration du passif car l’actif se déprécie moins que le passif, la baisse des taux est par contre défavorable.

• L’égalité des durations conduit a la neutralisation du risque de taux puisque les actifs et passifs s’apprécient ou se déprécient dans les mêmes proportions. Cette égalité est appelée immunisation.
On peut aussi actualiser les impasses calculées pour les différentes classes d’échéances et raisonner en termes d’impasses actualisées. Cette approche est celle de la Commission bancaire et elle aboutit aux mêmes conclusions que précédemment.

C- La gestion du risque de taux

Sans simplifier à l’excès, on peut dire qu’il existe deux méthodes de gestion du risque de taux.

1) La recherche de l’immunisation

La banque s’assigne comme objectif de réaliser l’égalité des durations de l’actif et du passif. Pour cela, elle doit constamment adapter les taux et échéances de ses actifs et passifs afin de parvenir à l’égalité des durations, donc à l’immunisation. C’est ainsi que la banque, qui consent un crédit au taux « i » et à l’échéance « d », doit simultanément trouver une ressource a taux et à échéance identiques. Cette parfaite égalité des durations n’est pas facile à obtenir et à conserver car comme le risque de liquidité, le risque de taux est inhérent à l’activité bancaire.

2) La couverture du risque

Puisque le risque de taux est difficile à neutraliser, la banque doit s’efforcer de le couvrir.

En premier lieu, elle doit déterminer le niveau de risque qui lui paraît acceptable, par exemple en calculant la sensibilité de ses actifs et passifs à une variation adverse des taux d’intérêt, puis en comparant ce cout au montant des fonds propres.

Une fois le risque de taux évalué, la banque peut alors se couvrir en ayant recours aux différents instruments financiers des marchés à terme ou conditionnels ou aux garanties de taux, et il n’est pas dans l’objet de cet ouvrage de les exposer.


   
         
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