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Le risque de liquidité.    • Le risque de taux.
Le risque de change.    • Le risque de crédit.

Le risque de liquidité

Le risque de liquidité est issu du rôle de transformation d’une banque dont le terme des emplois est en général supérieur au terme des ressources, transformation inhérente à l’activité bancaire. Il concerne les placements financiers qui sont très difficile à liquider (c’est-à-dire à vendre) très rapidement. Il ne s’agit donc pas d’éviter la transformation mais pouvoir évaluer, en cas de crise de liquidité et compte tenu de l’échéancier des actifs et passifs, en combien de temps et à quel prix la banque pourra honorer ses engagements. Cette question comporte deux aspects, la mesure du risque de liquidité et sa gestion.
Sur les marchés, Dans les périodes de tension sur les marchés, une course à la liquidité peut avoir lieu, et les investisseurs qui ont pris un risque de liquidité important peuvent subir des pertes de capital.
Pour les banques, Les banques reçoivent majoritairement des dépôts à court terme de leurs clients et font des prêts à moyen et long terme. Il peut donc se créer un décalage entre les sommes prêtées et les sommes disponibles (dépôts), ces dernières peuvent être insuffisantes. Dans ce cas on parle de manque de liquidités.

A- La mesure du risque de liquidité

Il existe plusieurs méthodes pour mesurer le risque de liquidité, méthodes qui ont le plus souvent été mises au point par les autorités monétaires qui ont la charge de la prévention de ce risque. Ces méthodes ont en commun d’établir au préalable un profil d’échéances.

1) Le profil d’échéances

  mesure de risque de liquidité
Un profil d’échéances est un tableau qui classe les actifs et les passifs selon leur durée restant à courir et qui présente les caractéristiques suivantes :

>> Les classes d’échéances sont plus ou moins fines, et ce, en fonction du terme des actifs et passifs. Pour les échéances rapprochées, les classes couvrent des durées courtes ; pour les échéances plus lointaines, les classes couvrent des durées longues. En effet, il est nécessaire de connaître très précisément les passifs, arrivant à échéance dans les prochains jours alors qu’une telle précision n’est plus de mise pour des échéances à six mois, un an ou davantage.

>> Les actifs et passifs sont évalués avec la plus grande exactitude possible, ce qui conduit à résoudre plusieurs difficultés :

 • L’évaluation des engagements hors bilan. Ces engagements se sont considérablement développés dans les banques ces dernières années avec les filets de sécurité, les crédits confirmés, les opérations à terme de change ou sur instruments financiers et les options. L’exigibilité de ces engagements est subordonnée à un événement futur mais certain. S’il est difficile d’évaluer les entrées et sorties de fonds découlant de ces opérations, il est néanmoins nécessaire de les estimer sur la base de constatations passées ou encore en appliquant un principe de prudence : le caractère incertain de ces flux est laissé de côté et les engagements hors bilan sont rapportés dans le profil d’échéances.

 • Les actifs et passifs sans stipulation de terme. Il s’agit, par exemple, de l’encaisse de la banque, des dépôts à vue ou des fonds propres. Les dépôts à vue devraient figurer dans la classe à échéance la plus rapprochée puisque leur remboursement peut survenir à tout moment. Mais l’expérience montre que les dépôts à vue sont particulièrement stables, étant repartis entre un grand nombre de déposants. C’est pourquoi, dans certaines méthodes de calcul du risque de liquidité – dont celle de la commission bancaire – les emplois et ressources sans stipulation de terme ne sont pas pris en compte.

 • Les actifs et passifs à échéance juridique différant de leur échéance pratique. Certains crédits, ainsi les découverts, ont une échéance à court terme ; mais comme ils sont régulièrement renouvelés, la banque semble davantage engagée avec des crédits de ce type qu’avec par exemple des crédits à moyen terme. D’autres crédits de ce type comportent des clauses de remboursement anticipé qui peuvent modifier les échéances. C’est donc l’expérience acquise par la banque dans ce domaine qui lui permettra d’établir le profil d’échéances le plus faible.

>> Le profil d’échéances, comme un bilan, présente un caractère instantané. Il doit donc être mis à jour régulièrement.

2) Le calcul d’un indice de liquidité

Trois méthodes de calcul d’un indice de liquidité vont être proposées :

>> La méthode des impasses successives : Une impasse se définit ainsi : pour une classe d’échéances, c’est la différence entre les passifs et les actifs. On calcule alors pour chaque classe une impasse qui est un indicateur de montant, durée et échéance de la transformation opérée par la banque. Le calcul met en évidence les discordances d’échéances ainsi que les sorties de fonds maximum auxquelles la banque aura à faire face, période par période.

>> La méthode des impasses cumulées : Le profil d’échéances est cumulé par classes et on calcule alors les passifs et actifs cumulés par échéance puis les impasses cumulées. Le montant et la date de survenance du besoin de financement maximum sont déterminés.

>> La méthode des nombres : Cette méthode pondère les actifs et passifs de chaque classe par le nombre moyen de jours de chaque classe. Puis on calcule le ratio :

Des passifs pondérés / Des actifs pondérés

 • Si le ratio est supérieur ou égal à « 1 », cela signifie que la banque ne transforme pas puisqu’elle a davantage de ressources pondérées que d’emplois pondérés.

 • Plus le ratio est faible, plus la banque transforme des ressources à court terme en emploi à long terme.

La commission bancaire calcule des indices de liquidité concernant la transformation en francs en distinguant les opérations avec la clientèle et les opérations de trésorerie et interbancaires ainsi que la transformation en devises.

Outre l’exposition au risque de liquidité, le calcul des indices permet également d’évaluer le coût de l’illiquidité : pour une échéance donnée, l’impasse mesure le montant de l’emprunt à effectuer pour apurer le déficit et le taux de l’emprunt, le coût de la couverture du risque de liquidité.

B- La gestion du risque de liquidité

De façon générale, la gestion du risque de liquidité consiste à emprunter des ressources supplémentaires qui permettront d’honorer les échéances : elle repose donc sur la facilite d’accès d’une banque aux différents marchés de capitaux qui dépend elle-même d’éléments comme la notoriété, la taille, la rentabilité, la qualité de l’actionnariat, éléments dont les apporteurs de capitaux tiennent le plus grand compte. Mais la banque emprunteuse peut être amenée à emprunter à des taux élevés (en cas d’une crise sur le marché des changes, par exemple) et supporter une marge d’intérêts négative.

Ainsi, en fonction de sa facilite d’accès aux marchés et des coûts qui en découlent, une banque accepte une transformation plus ou moins élevée. Elle fixe en conséquence des plafonds à différentes classes du profil d’échéances afin de maintenir le risque de liquidité dans les limites souhaitables.

   
       
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