•
Le risque de liquidité.
• Le risque
de taux.
•
Le risque de change. •
Le risque de crédit.
Le
risque de crédit
A-
Définition
Le
risque de crédit est la forme la plus ancienne du risque
sur les marchés de capitaux. On le distingue des deux
autres grands types de risque auxquels sont soumises les institutions
financières, le risque de marché et le risque
opérationnel. Le risque de marché est le risque
que la valeur d’un actif (d’une dette) détenu(e)
par une institution financière varie en raison de l’évolution
des prix sur les marchés financiers. Ce risque prend
différentes formes : le risque de change (qui modifie
la valeur des avoirs en devises de l’institution), le
risque de taux (qui affecte la valeur des instruments des taux)
ou le risque de marché proprement dit (qui affecte le
prix des actions, en particulier). De son côté,
le risque opérationnel est, selon le Comité de
Bâle (2001), « le risque de pertes directes ou indirectes
résultant d’une inadéquation ou d’une
défaillance attribuable à des procédures,
des agents, des systèmes internes ou à des événements
extérieurs ». Il renvoie donc à des inefficiences
de l’organisation et du management de l’institution.
Le risque de crédit est le risque que l'emprunteur ne
rembourse pas sa dette à l'échéance fixée.
S'il était à l'origine une préoccupation
pour les seuls organismes bancaires, il concerne pourtant toutes
les entreprises (notamment via les créances qu'elles
accordent à leurs clients, qui sont des formes de prêt
à court terme), et nombreuses sont aujourd'hui amenées
à l'intégrer dans leur gestion afin de le minimiser.
Ce
risque est en effet lourd de conséquences pour toute
entreprise: toute dette non remboursée est économiquement
une perte sèche que supporte le créancier. Comptablement
parlant, les créances et emprunts accordés à
des tiers constituent ainsi un poste spécifique dans
le bilan de l'entreprise et toute évolution négative
obère d'autant la survie de l'entreprise à moyen
ou long terme. Très tôt, les entreprises ont donc
cherché à s'immuniser contre ce risque de crédit,
et ce de deux manières. En amont, le risque peut faire
l'objet d'une évaluation grâce à différents
critères et des techniques mêlant calcul et intuition.
Suite à cette évaluation, les entreprises disposent
ensuite de différents moyens de protection pour minimiser
voire annuler ce risque économique.
Autrement dit, Le risque de crédit est le risque de défaut
de remboursement de l’emprunteur. Il prend aussi diverses
formes ou appellations : risque de contrepartie (dans les transactions
sur les marchés financiers et interbancaires), risque
de faillite ou risque de crédit au sens propre (dans
les transactions sur les marchés de crédits).
Sur les marchés financiers où les instruments
de crédits font l’objet de cotations régulières,
le risque de défaut de remboursement est évalué
par des primes de risque (spreads) qui traduisent en termes
monétaires la vraisemblance de la réalisation
du risque de non- remboursement. L’évolution aléatoire
de ces spreads constitue elle-même une forme de risque
de crédit dans la mesure où elle agit sur la valeur
de marché de ces titres.
Il
n’est donc pas nécessaire que le défaut
se réalise pour que le risque de crédit affecte
négativement la valeur d’un actif ou d’un
portefeuille. Il suffit que la vraisemblance de l’événement
augmente, suite par exemple à la dégradation d’un
rating. Ce risque peut être mesuré au niveau individuel,
dans la mesure où il affecte des instruments financiers
ou des emprunteurs considérés isolément.
Il peut aussi être mesuré au niveau du portefeuille
de crédits d’une institution, ce qui conduit à
tenir compte des corrélations entre les facteurs de risque
affectant les différentes composantes de ce portefeuille.
Envisagé
de point de vue de l’institution financière, le
risque de crédit tient essentiellement à l’incertitude
des pertes. C’est pourquoi l’objet final des modèles
de risque de crédit est de modéliser la distribution
des pertes futures à un horizon donné.
B-
Évaluation du risque de crédit
L’évaluation
du risque de crédit revient en premier lieu à
la question de la solvabilité de l'entreprise considérée.
Cette solvabilité dépend à la fois des
éléments purement internes à l'entreprise,
mais aussi d'éléments contextuels externes comme
la localisation géographique, la situation économique
globale et les perspectives d'évolution sectorielle.
1) Données exogènes
1.1) Localisation géographique
La considération de l'environnement de l'entreprise est
un préliminaire nécessaire et fondamental en matière
d'évaluation du risque puisqu'une entreprise n'est pas
une entité vivant en autarcie: elle interagit, dans un
contexte géographique plus ou moins large, avec un ensemble
d'acteurs extérieurs (autres entreprises, particuliers,
banques, assurances, Etats...).
L'implantation de l'entreprise (siège social et filiales
éventuelles) dans un tel pays met ainsi l’entreprise
sous l’influence de la situation politique (stable ou
non), de la fiscalité locale, de la législation
(droit du travail, droit des affaires, règlementation
sur la sécurité et l'environnement...). Nonobstant
la situation de l'entreprise en elle-même, la qualité
de son implantation et les perspectives d'évolution dans
son pays d'origine peuvent l'handicaper gravement ou la favoriser
grandement selon les cas, influant de la sorte sur son avenir.
Pour
améliorer une appréciation de la qualité
du contexte géographique d'une entreprise, les principales
agences de notation financière, les grandes banques d'investissement
et les assurances publient des "ratings" où
chaque pays se voit attribuer une note (chiffre ou lettre) qui
synthèse les données jugées pertinentes.
Cette note est généralement accompagnée
d'un commentaire qui explique l'évaluation qui a été
faite et indique les principaux facteurs favorables et/ou défavorables.
1.2) Les perspectives sectorielles
La bonne santé économique de l’entreprise
se trouve aussi sous l’impact du secteur dans lequel exerce
son activité. Si un secteur est en expansion, il augure
certainement d'une augmentation de l'activité de l'entreprise
dans les années suivantes, tandis qu’un secteur
en crise suscite à l'inverse des risques plus grands
pour l'entreprise qui y opère; ceci est plutôt
vrai dans certains secteurs particulièrement sensibles
au contexte international (matières premières,
transport, industries légères...) Une analyse
profonde d'un tel secteur donne au final une bonne idée
des perspectives sur les années à venir et permet
d'affiner l'évaluation de toute entreprise qui y exerce
son activité.
1.3) La situation macroéconomique
C’est une question de la mondialisation et l’internationalisation.
Ce point concerne principalement les entreprises et les sociétés
ayant une forte activité internationale. Tributaires
de multiples marchés, opérant des transactions
sur plusieurs monnaies différentes, elles sont particulièrement
sensibles aux aléas de l'économie mondiale ou
continentale et aux variations parfois brusques des taux de
change entre devises.
2)
Données endogènes
Principalement, ce sont des critères purement financiers
qui entrent en ligne de compte, et des calculs simples peuvent
donner une idée quasi précise de la capacité
d'un client/emprunteur à rembourser sa dette en temps
voulus. Voici une liste non-exhaustive de données "parlantes".
• Chiffre d'affaire annuel
• Niveau d'endettement actuel (à court et long
terme)
• Résultat d'exploitation
• Flux de trésorerie (Cash-flow) généré
• Disponibilités (id est la trésorerie de
l'entreprise)
• Résultat financier
Le calcul de certains ratios de base, a partir de ces données,
permet une première évaluation de la solvabilité
de l'entreprise. Ainsi, si le rapport entre l'endettement et
le chiffre d'affaires annuel est trop grand, il serait très
risqué d’accorder un nouveau crédit.
La faiblesse du résultat d'exploitation par rapport au
chiffre d'affaires peut aussi indiquer des difficultés
dans le remboursement des emprunts.
C-
La mesure du risque de crédit
Les
systèmes « experts » en vigueur dans les
agences de rating ou les banques reposent sur des méthodes
essentiellement qualitatives. A l’inverse, les modèles
de « scoring » reposent sur les méthodes
quantitatives. Les deux types de modèles utilisent des
informations comptables et financières ou des informations
qualitatives.
Les
premiers sont plus fréquemment utilisés pour la
mesure du risque des grands clients corporate alors que les
seconds sont adaptés à la mesure du risque de
défaut dans la clientèle de la banque de détail
et celle des petites et moyennes entreprises.
Les
systèmes « experts » et les modèles
de « scoring » sont les deux principaux outils utilisés
dans les banques pour décider de l’octroi de crédit,
mais aussi pour noter les emprunteurs. Les deux types d’outils
visent donc les mêmes objectifs, mais leurs approches
sont très différentes.
1) Les systèmes « experts »
Dans
les systèmes « experts », l’approche
est de nature qualitative. Elle cherche à reproduire
de façon cohérente les règles de décision
des experts en matière de crédit ou leur système
d’évaluation du risque.
On
détermine ces règles de manière totalement
empirique, en interrogeant les experts – les responsables
crédits – sur leurs pratiques, en confrontant leurs
avis et en leur demandant de valider collectivement les règles
de décision émergeant de ces discussions et confrontations.
Cet
ensemble de règles assorties de pondérations servira
à décrire les caractéristiques de risque
de l’emprunteur et à lui attribuer une note. Ces
systèmes sont en vigueur dans les banques mais aussi
dans les agences de rating.
Des
principes identiques président à la construction
des systèmes de notation des agences de rating et des
systèmes « experts » utilisés par
les analystes crédit des banques. Les outils sont les
mêmes.
De
plus, comme les banques, les agences de rating ont une optique
de long terme. De la même façon que les banques
apprécient la situation des emprunteurs en adoptant la
perspective des déposants, les agences de rating notent
en adoptant celle des détenteurs d’obligations
et autres créanciers à long terme ou celle des
assureurs.
2)
Les modèles de score
Les
modèles de score sont les plus en plus utilisees dans
les institutions financières, notamment dans la banque
de détail. Ils sont devenus un outil courant d’octroi
du crédit à la consommation, mais tendent à
se développer également pour la mesure du risque
des crédits à l’habitat, des crédits
aux professionnels et des crédits aux petites et moyennes
entreprises.
Les
modèles de scores sont des outils de mesure du risque
qui utilisent des données historiques et des techniques
statistiques. Leur objet est de déterminer les effets
de diverses caractéristiques des emprunteurs sur leur
chance de faire défaut. Ils produisent des « scores
» qui sont des notes mesurant le risque de défaut
des emprunteurs potentiels ou réels. Les institutions
financières peuvent utiliser ces notes pour ranger les
emprunteurs en classes de risque.
Pour
construire un modèle de score, on utilise généralement
l’histoire des performances passées des emprunteurs,
ou celle des prêts qui leur ont été consentis,
pour déterminer quelles sont les caractéristiques
des emprunteurs qui permettent de prévoir pourquoi un
prêt aura de bonnes performances dans le futur.
Cette
information est obtenue à partir des dossiers de crédits
des clients ou auprès de sources extérieures.
Un bon modèle de score est un modèle qui affecte
des scores élevés (un risque de défaut
faible) aux emprunteurs sans problèmes dont les prêts
se comportent bien et des scores faibles à ceux dont
les prêts ont de mauvaises performances.
Pour
atteindre cette objectif, les modèles de scores doivent
être capables de trouver les facteurs de risque les plus
importants, c'est-à-dire ceux qui déterminent
le plus la probabilité de défaut d’un emprunteur,
et de mesurer la contribution relative de chaque facteur au
risque de défaut.
L’intérêt
de modèles de score dans la banque de détail repose
aujourd’hui sur plusieurs avantages. Tout d’abord,
ils permettent un traitement de masse de populations nombreuses
d’emprunteurs et leur usage réduit de marinière
significative la durée du traitement de dossiers de crédit
(de 15 jours à quelques heures, pour la plupart des crédits
standard). Ce gain de temps est l’un des premiers facteurs
de l’économie de coût qu’apporte le
« scoring ».
Ensuite,
les outils de « scoring » sont peu coûteux.
Un score coûte quelques euros, au maximum. L’adoption
du score permet aussi aux analystes-crédit de concentrer
leur attention sur d’autres aspects de la relation de
clientèle et du risque.
Enfin,
les outils de « scoring » fournissent des mesures
objectives du risque qui assurent que tous les emprunteurs sont
traités de la même façon par les chargés
de clientèle.