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Vue historique
Signes de la crise
Synthèse de la crise aux Etats-Unis

C’est vrai que la bulle immobilière (particulier avec « sub-prime »), et son krach, a été la cause immédiate de la crise financière. Mais les apparences sont souvent trompeuses. La racine du problème provient du modèle néolibéral américain qui a été exporté dans le monde entier pendant les trois dernières décennies. Il suffit de décrire qu’à la base du modèle de croissance néolibérale, il y’a la nécessité de réprimer la croissance des salaires à côté de l’élargissement de la consommation.

L’existence d’une contradiction avec le modèle de croissance néolibérale est claire. Si on suppose une main-d’œuvre stable (quant à la taille) la consommation ne peut augmenter que grâce à des salaires plus élevés ou par l’intermédiaire de l’expansion du crédit à la consommation. Et comme les prix de l’immobilier ont augmenté et les salaires sont restés stables, les familles ont commencé à augmenter leur consommation par des emprunts sur les valeurs croissantes de leurs maisons. Lorsque les prix ont diminué, beaucoup des familles se sont retrouvées avec leurs propres capitaux négatifs et leurs finances ont plongé dans le chaos.

La consommation passe maintenant en stagnation et l’économie américaine est en train de sombrer et se plonger dans une récession économique. Dans les mesures où les politiques du gouvernement américain ont très peu fait pour changer la dynamique au cœur du modèle néolibéral, il n’est pas évident que la stabilité des marchés financiers sera suffisante pour réparer le modèle. Toutefois, si le gouvernement prend les mesures indispensables pour rétablir la croissance des salaires alors le modèle néolibéral mourra. Avec un peu d’ironie, la solution ultime de la crise est la disparition du néolibéralisme.

la crise financière

Vue historique

Le début de cette crise est causé par la décision de la Federal Reserve Bank de pratiquer en 2003 et 2004 des taux d’intérêts jugés trop faibles, incitant à la distribution « agressive » de crédits aussi bien qu'à la recherche par les investisseurs et les épargnants des rémunérations supplémentaires, obtenus par le développement massif de prêts risqués à des personnes insolvables, avec des taux d'intérêts plus élevés.

La crise s'est déclenchée au deuxième semestre de l’année 2006 avec le krach des prêts immobiliers (hypothécaires) à risque aux États-Unis (sub-primes), que les emprunteurs (de conditions modestes), n'étaient plus capables de rembourser. La crise financière mondiale est révélée en février 2007 par l'annonce d'importantes provisions passées par la banque HSBC. Elle s'est transformée en crise financière mondiale à partir de l'été 2007, les banques du monde entier ont dû passer chaque trimestre dans leurs comptes des dépréciations de la valeur de leurs actifs, avec une défiance envers les créances titrisées en particulier (ABS, RMBS, CMBS, CDO) qui comprennent une part plus ou moins grande de crédits immobiliers (sub-prime), puis envers les fonds d'investissement, les OPCVM (dont les SICAV monétaires) et le système bancaire susceptibles de détenir ces dérivés de crédit.

Jusqu’ à l'été 2008, on était devant une chute des capitaux propres des banques causée par ces dépréciations qui ont été totalisées à 500 milliards de dollars américains. Certaines banques ont nettoyées ces pertes grâce à des augmentations de capital, en vendant en Bourse de nouvelles actions, qui ont totalisé 300 milliards de dollars. La majorité de banques ont préféré de reconstituer leurs réserves par une diminution de leur activité de crédit traditionnelle, et se sont contentées de respecter au strict minimum les ratios de solvabilité, malgré une crise dont l'ampleur crée un besoin de sécurité plus important. C’est la crise bancaire la plus grave depuis la Grande Dépression de 1929 et entraîne depuis Septembre 2008 un bouleversement majeur du paysage bancaire international.

Le 15 septembre 2008, le gouvernement américain a laissé la banque d'affaire Lehman Brothers faire faillite sans intervenir, après s'être assuré que ses créanciers étaient assez nombreux pour que l'impact soit dispersé. Cette décision a obligé les banques à prendre des mesures. Prenant conscience que les États privilégieraient le sauvetage des banques de dépôt, plusieurs grandes banques d'investissement américaines se sont fait racheter afin de sauver leurs activités (Bear Stearns, Merrill Lynch, Washington Mutual et Wachovia).

Ces banques d'affaires étaient les victimes désignées du système d'assurance des créances immobilières par les rehausseurs de crédits, qui avait eu un grand succès auprès des épargnants jusqu'en 2007 mais s'est révélé inefficace devant l'ampleur des risques à couvrir. Ces rehausseurs de crédit ne disposant pas d'assez de capitaux propres pour tenir leurs engagements, ils se sont retrouvés en faillite, obligeant des clients aussi prestigieux que la banque d'affaires Merrill Lynch à porter plainte.

La crise de confiance générale dans le système financier a causé une première chute des marchés boursiers à l'été 2007. Elle fut cependant beaucoup moins importante que celle de l'automne 2008. Les autorités et les gouvernements ont d'abord cru à une crise de liquidité bancaire et les banques centrales n'ont cessé d'injecter des liquidités massives dans le marché interbancaire. Mais peu à peu, le scénario d'une crise de solvabilité globale des banques s'est imposé.

L’étendue et l'ampleur de cette crise provient des transgressions des règles régissant la distribution du crédit. La titrisation des créances américaines risquées, revendues sous forme d'obligations à des épargnants partout dans le monde lui a donné la dimension mondiale.

   
         
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